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San Telmo, un pôle artistique dans le sud de la capitale

Extracto del diario "Le Trait-d´Union"
Nº 118- Octubre 2008
Por Martín Fossati

Comme des champignons qui poussent après une tempête, les galeries d´art contemporain sont en plein essor à San Telmo. Malgré les craintes au sujet de l´économie locale et la réputation d´insécurité du quartier, plus d´une dizaine de galeristes se sont installés donnant corps au "San Telmo Art District".


Ces dernières années, une myriade d´espaces d´art contemporain se sont installés à San Telmo, désertant le centre de la capitale ou le très branché Palermo Soho. La plupart se trouvent dans la zone comprise entre la rue Venezuela et l´avenue San Juan, dans l´axe de la rue Defensa. MasottaTorres, Zabaleta Lab, 713, Arte y Parte et Proyecto A font partie des derniers arrivés qui s´ajoutent au circuit déjà existant depuis des années qui comprend les inévitables TransArte, dirigé par Osvaldo Giesso, précurseur dans le domaine, Espacio Biazzi, installé il y a 12 ans sur la rue Defensa, Mercedes Giachetti, aussi sur Defensa depuis l´an 2000, et Wussmann, ouvert il y a quatre ans...

Ainsi, le quartier le plus ancien de la ville, traditionnellement lié au tango et peuplé par nombre d´antiquaires, connaît un renouveau qui le met au cœur du mouvement d´art contemporain de Buenos Aires et fait rêver les autorités de la ville qui veulent développer depuis des lustres un pôle culturel dans le sud de la capitale.
D´après Daniel Masotta, qui s´est établi avec César Torres sur la rue México fin 2007, "San Telmo est au carrefour entre l´ancien et le nouveau, entre le tango, Gardel, et l´art contemporain, ce qui le rend très attrayant." Pour sa part, Mercedes Giachetti, une des anciennes galeristes du quartier, pense que cette nouvelle tendance "est très intéressante, parce qu´elle permet à San Telmo de se diversifier par rapport au tango. Mais il est important aussi de préserver son identité, notamment au niveau du patrimoine historique."

Les galeristes reconnaissent qu´une des raisons de poids pour déménager ou ouvrir une galerie à San Telmo est le prix modéré des loyers en comparaison avec les prix de Recoleta, ce que rend le quartier plus intéressant encore. Valentina Bonelli, de 713, une galerie qui a déménagé de Palermo et a ouvert ses portes à Defensa 713 en mai 2006, explique que les écarts de prix son étonnants. "S´acheter une petite propriété à Palermo est impossible, tandis que là, on a acheté une grande maison." En même temps, les bâtiments du quartier offrent des espaces plus larges que ceux du Centre. Zabaleta Lab a bénéficié de cet avantage, en passant des 220 m2 qu´il avait sur la rue Arroyo, aux 800 m2 qu´il occupe maintenant sur la rue Venezuela. Ce déménagement lui a permis de tripler l´espace destiné aux expositions et d´ouvrir le sous-sol aux grandes installations, comme Goodbye Gasoline #2 de Sigismond de Vajay.

Cependant, derrière ce nouveau phénomène il n´y a pas que des raisons financières ou de surface d´exposition. Il ne s´agit pas non plus d´une mode passagère. En effet, San Telmo est en train de devenir un circuit consolidé et de référence à Buenos Aires. D´abord, parce que les galeries ne cessent de s´y installer. Ensuite, car les goûts des collectionneurs locaux ont changé. Il y quelques années, ils n´achetaient que des œuvres d´artistes déjà reconnus. "Le collectionneur argentin cherchait la signature d´un artiste consacré", raconte Daniel Masotta. "Maintenant, les goûts ont changé. Il y a une nouvelle génération de jeunes collectionneurs qui ont les moyens d´investir dans l´art, et le font avec plaisir, mais aussi parce que les œuvres prennent de la valeur." Par ailleurs, comme l´explique Guillermo Ramosi de Zabaleta Lab, le circuit s´est consolidé aussi grâce aux collectionneurs en provenance de l´étranger qui viennent spécialement à Buenos Aires pour rechercher l´œuvre d´un artiste en particulier. En ce sens, Mercedes Giachetti avoue qu´environ 80 % de ses acheteurs sont des touristes.

L´union fait la force


Bien que chaque galerie soit indépendante, les galeristes savent que pour mettre en place la réputation de San Telmo comme Art District rien de mieux que le travail associatif. Pour cette raison, en juin, un groupe de galeries a présenté le STAD, une exposition collective de 7 galeries à 713 Arte Contemporáneo. L´initiative, appelée San Telmo Art District, vise à promouvoir le quartier comme le circuit d´art d´avant-garde à Buenos Aires, et en même temps, à le démarquer du centre ville et de Palermo Soho, les deux autres enclaves de galeries d´art.
De même, en début d´année, en avril, un collectif de 17 galeries de Buenos Aires, dont quelques unes de San Telmo, a participé au MIART, l´exposition de galeries la plus important d´Italie, à Milan. Ainsi, dans le but d´attirer plus de monde, les galeristes se sont mis d´accord pour faire leurs vernissages le même jour, de manière à ce que, ce jour là, tout le quartier soit un grand espace d´art. "On s´est rendu compte que, en travaillant ensemble, on pouvait mettre en place des projets très intéressants", s´enthousiasme César Torres, de MasottaTorres.



Un marché qui n´est pas évident


Malgré l´enthousiasme des galeristes, le changement des goûts des collectionneurs locaux et l´afflux de collectionneurs étrangers, l´avenir des galeries de San Telmo n´est pas gagné.
"Les dernières années on amené de nouvelles galeries et artistes, mais les clients restent toujours difficiles à trouver", estime Adriana Budich, de TransArte, l´espace d´art contemporain qu´Osvaldo Giesso dirige depuis 1968. "On entend souvent dire que de nouvelles galeries vont ouvrir ses portes ici et là dans le quartier, mais on ne sait jamais combien de temps elles vont survivre."